COMMISSIONS

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©Eric Chalôt MJC Ris

Cette commission de travail s’est créée en 2013 afin de pouvoir réfléchir collectivement aux différents niveaux de la transmission des musiques traditionnelles, de la formation initiale à la formation professionnelle. Il n’aura échappé à quiconque s’intéresse au développement d’un domaine musical spécifique que la formation des musiciens joue un rôle capital.

 

Dans le domaine des musiques traditionnelles où la transmission est généralement de type orale, nous constatons que les enquêtes de terrain révèlent des modèles d’apprentissage fort divers, de l’auto-apprentissage à des relations instituées de maitre à élève. Nous conviendrons que dans ce domaine et à l’échelle nationale, les réalités sont très diverses : du département de musiques traditionnelles dans un conservatoire à rayonnement régional à l’atelier associatif…. Nous pouvons nous réjouir de la non-normalisation de la transmission de ces musiques en rappelant que la spécificité de chacune d’entre elles (la musique provençale n’est pas la même que la musique bretonne) nécessite sans doute des modes d’apprentissage particuliers. Nous pouvons aussi le regretter, en imaginant qu’une meilleure coordination dans ce domaine permettrait de gagner en lisibilité et en crédibilité. L’objet de cette commission n’est pas de décider de la légitimité de telle ou telle action de formation, mais de reconnaitre que tous ceux qui ont fait le choix de transmettre ces musiques aujourd’hui se posent un ensemble de questions qui méritent sans doute d’être débattues collectivement. Ainsi, dans le désordre et de façon non exhaustive :

 

Que transmet-on ? Un répertoire ? Régional ? Transrégional ? Sans cohérence géographique ? Des éléments d’une culture orale spécifique ? Une technique instrumentale, vocale ? Une pratique orale de la musique ?
Quels sont les objectifs de cette transmission ? Rejouer le répertoire collecté ? Composer, improviser à partir de ce répertoire ? Tout oral ou apprentissage de l’écriture musicale ? Quel type d’évaluation des apprenants ?

 

L’apprentissage des musiques traditionnelles peut-il croiser celui d’autres esthétiques musicales (musique savante classique, baroque, jazz, musique ancienne, autres musiques traditionnelles, improvisation…) Peut-on imaginer des troncs communs d’apprentissage entre ces esthétiques ?

Concernant la formation professionnalisante dans le domaine des musiques traditionnelles, nous constatons là encore une très grande diversité d’approche. Même si, ça et là, des expériences de formation professionnalisante et professionnelle existent (DNSPM à Poitiers et à Brest, Bourses de Compagnonnage CPMDT-ADMI, KREIZ BREIZH AKADEMI avec Erik Marchand, projet de diplôme Mima avec la Fnejma), elles ne sont pas coordonnées, chacun oeuvrant assez isolément sur son terrain.

 

Une meilleure circulation des informations pourrait permettre à ces actions de gagner en lisibilité et en crédibilité, et nous pourrions imaginer qu’elles deviennent complémentaires…

 

Quelques questions fondamentales pourraient servir de base à ces échanges :

 

  • Quelles sont les réalités aujourd’hui de celui ou celle qui se professionnalise comme artiste dans le domaine des musiques traditionnelles ? Ou formulé autrement, quels sont les champs d’action des musiciens professionnels de ce secteur ?
  • Les connaissances musicales nécessaires pour devenir professionnel dépassent-elles le champ strict des musiques traditionnelles ?
  • Une formation de ce type doit elle s’envisager à l’échelle régionale, avec élargissement à d’autres réalités régionales, nationales, européennes… ? • Ou nationale avec des options régionales ?
  • L’étude des arts de la scène (gestion du son, de la lumière, de l’espace scénique…) est elle utile dans ce type de formation ?
  • Comment apprendre à structurer l’entourage du projet artistique professionnel (Compagnie, Société coopérative, Bureau de production, micro entreprise…) ?
  • Quelle logique économique ? Les dispositifs de demande d’aides (Municipalités, départements, régions, Dracs , structures nationales…).

 

Sur toutes ces questions, il semble important que la FAMDT puisse réfléchir, produire des points de vue et des propositions, en concertation avec ses partenaires habituels et au-delà, des fédérations et collectifs constitués dans le domaine des Musiques Actuelles.

 

Responsable de commission : Jean-François VROD, Président du CPMDT, Collectif d’artistes Professionnels des Musiques et Danses Traditionnelles