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Désaccord, incompréhension et inquiétude du secteur des musiques actuelles suite à l’annonce de la disparition des centres info de l’IRMA

L’IRMA a annoncé l’arrêt de ses centres infos spécialisés : CIMT (musiques traditionnelles et du monde), CIJ (jazz) et CIR (rock, chanson, hip-hop, musiques électroniques) > Plus d’infos ici

Suite à cette annonce brutale, l’ensemble des acteurs de la filière des musiques actuelles s’est regroupé via le SMA pour signer le communiqué de presse suivant :

communiqué de presse

 

REACTION DE JEAN-FRANCOIS DUTERTRE FACE A L’ANNONCE DE L’IRMA :

 » SILENCE, ON FERME !

Le 23 avril dernier, l’Irma annonçait sur son site la fermeture de ses trois centres d’informations et donc, par conséquent, la disparition du Centre d’information des musiques traditionnelles (CIMT). Le Conseil d’administration de l’Irma tenait, malgré tout, à saluer « le travail réalisé par les responsables des centres d’information spécialisés et à indiquer combien ces missions ont participé à la structuration des différents secteurs des musiques actuelles », tout en les licenciant dans la foulée. La fermeture des trois centres entérine la fin d’une véritable information spécialisée au profit du concept de « transversalité ». Certes, il existe un tronc commun d’informations entre les différents genres musicaux, mais ce qui faisait la richesse et la force du CIMT était précisément sa connaissance des spécificités des musiques traditionnelles. Une connaissance essentielle pour les artistes et les diffuseurs. Des centaines d’entre eux ont bénéficié, pendant vingt ans, de l’activité de conseil du CIMT, conscients qu’une information sans commentaires et orientation est en partie inexploitable.

En réalité, le ministère de la Culture porte une part de responsabilité dans cette décision en refusant l’octroi des fonds nécessaires à la survie des centres d’information. C’est d’autant plus désolant que la fondation du CIMT relevait de la volonté affichée de ce même ministère, en 1991, d’aider le secteur à développer un outil d’information et de conseil. Il avait alloué un budget de fonctionnement, complété par les aides des sociétés civiles. Les musiques traditionnelles sont doublement pénalisées dans cette affaire : elles perdent un centre de ressource spécialisé et une subvention, car, bien sûr, elle ne sera pas reportée sur une autre structure du secteur. C’est autant en moins pour les musiques traditionnelles qui déjà ne sont pas particulièrement gâtées. Cette disparition est surtout une perte considérable pour les artistes, musiciens, chanteurs et danseurs. Il ne faut pas oublier que le CIMT avait été créé à la demande d’un collectif de professionnels, regroupés au sein de l’APMT (Association des professionnels en musique traditionnelle).

39 organisations professionnelles du secteur des musiques actuelles ont cosigné un communiqué de presse pointant leur « désaccord, incompréhension et inquiétude » suite à la disparition des centres d’information spécialisés de l’Irma. Ils souhaitent « qu’un temps de travail concerté au plan national sur la fonction de ressource et d’accompagnement de la filière des musiques actuelles s’organise au plus vite. » (communiqué ci-joint).

Jean-François DUTERTRE  »