COMMISSIONS

Constituée en 1990, la commission documentation est la commission qui a la plus grande ancienneté au sein de la FAMDT. La collecte et la valorisation des archives sonores se trouvaient en effet au cœur des préoccupations d’un certain nombre d’associations du réseau. Comment décrire le fruit des collectes de terrain, réalisées depuis de nombreuses années, pour le rendre accessible auprès des chanteurs et musiciens qui souhaitaient les consulter ? Plusieurs associations avaient débuté une réflexion sur l’organisation et la description de ces fonds mais aucun référentiel n’existait alors en France sur ce domaine. Un des premiers chantiers de la commission a donc été de réfléchir à une mutualisation des méthodes de traitement et, progressivement, à la rédaction d’un guide de traitement documentaire du son inédit. Celui-ci, paru dans une première mouture en 1994, a été réédité en 2001 aux éditions Modal, en lien avec l’AFAS (Association Française des détenteurs de documents Audiovisuels et Sonores). Jusqu’à aujourd’hui, il a servi de référentiel à de nombreuses structures en charge de fonds sonores : associations, services d’archives départementales… Sa traduction en espagnol en 2007 lui vaut également d’être un outil de référence dans les pays hispanophones.

La commission a recherché également à renforcer la visibilité des collections sonores des structures du réseau et à faire valoir le travail de ces dernières. C’est ainsi que la FAMDT a été reconnue dès 1999 comme Pôle Associé de la Bibliothèque Nationale de France. Elle est encore aujourd’hui le seul Pôle Associé fédératif et également le seul à décrire des archives sonores. Les fonds sonores ainsi traités dans le cadre du Pôle Associé devraient dans des délais proches être consultables sur Gallica, portail développé par la BnF. En 2011 a également été ouvert le Portail du Patrimoine Oral, particulièrement bien référencé par les grands moteurs de recherche généralistes (Google, Yahoo…) et qui offre un accès simplifié aux notices à travers un catalogue collectif. Construit sur le protocole OAI-PMH, il moissonne les bases de données distantes en ne sollicitant qu’un nombre de champs limités (les 15 champs définis dans la norme du Dublin Core Simple), ce qui permet une grande réactivité, à la différence des (lourdes) bases de données aux notices très développées ! Un internaute en recherche d’une chanson précise, par exemple, aura ainsi plus de chance de trouver sa réponse via le Portail dans la mesure où les réponses du Portail viendront s’afficher en haut de page dans les résultats de recherche.

Tout ce travail collectif, initié par la FAMDT, autour des questions documentaires a donné lieu à d’autres réalisations dans le réseau. Le projet Massif Central, lancé en 2009 entre  6 associations du centre de la France a ainsi permis la mise en place d’une base de données mutualisée entre ces structures. Celle-ci a évolué en 2012 pour devenir la Base Inter-régionale du Patrimoine Oral en intégrant un nouveau partenaire : l’association La Loure, en Normandie. Cette base est gérée par la Maison du Patrimoine Oral de Bourgogne et fonctionne sur le principe de coopération entre les différentes associations qui l’utilisent.

commission documentation famdt

© Yvon Davy La Loure

commission documentation famdt

© UPCP-Métive Centre Culturel La Marchoise

Les travaux de la commission documentation portent aujourd’hui sur la mise à jour du Portail du Patrimoine Oral afin d’agréger de nouvelles bases de données, gérées par des associations du réseau, et, ainsi, rendre visibles des fonds sonores en provenance d’un plus grand nombre de régions. Un autre axe de travail porte sur la recherche de nouvelles formes de valorisation de ces données numériques. Pendant longtemps, les utilisateurs de ces bases de données ont été les musiciens et chanteurs, en quête de répertoire. Il s’avère que la création contemporaine en musique traditionnelle s’inspire moins, aujourd’hui, des sources anciennes et qu’en même temps de nouveaux publics s’intéressent à ces données : chercheurs, amateurs du patrimoine local, structures touristiques… Au-delà du simple enrichissement des bases de données, il convient donc de rechercher de nouvelles portes d’entrées, simples et attrayantes, pour encourager des publics diversifiés à découvrir les formidables ressources sur le patrimoine oral rassemblées par toutes les associations de terrain en France. Au travers de la multitude des voix et des visages, captés lors des collectes, c’est en effet la culture des gens de rien, du petit peuple, qui a été rassemblée. La transmission de cette culture populaire et la communication publique de ces témoignages posent des questions éthiques et juridiques sur lesquelles la commission documentation planche également. En la matière, elle affiche une politique assez ouverte : dans le cas de collectes anciennes qui n’ont pas fait l’objet de conventions signées avec les témoins, la commission préfère le risque assumé de la communication (avec la possibilité, par cette visibilité des sources, de régler les questions juridiques avec les ayant-droits) plutôt que la non-diffusion des témoignages.

Enfin, à l’instar des acteurs des musiques amplifiées qui se penchent sur l’histoire de leur mouvement (et qui viennent chercher l’expérience de la FAMDT an matière de gestion de bases de données documentaires), un nouveau chantier se dessine qui consiste à s’intéresser également à ce que notre mouvement des musiques traditionnelles a généré depuis le revival des années 1970. De nombreuses productions sonores ont en effet vu le jour, éditées ou non (et souvent difficiles d’accès aujourd’hui), qui révèlent un engouement pour ces musiques. Au-delà de l’approche esthétique, l’intérêt pour les musiques et danses traditionnelles – fluctuant au cours de l’histoire – traduit des mouvements d’opinion et des sensibilités qui sont des révélateurs des mutations de notre société. A ce titre, la mise à disposition des productions de notre mouvement musical et la mise en contexte de celles-ci intéressent plus de gens que les simples aficionados de nos musiques.

 

Responsable de commission : Yvon DAVY, La Loure

BNF - Bibliothèque Nationale de France